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Time Bomb : l’histoire d’une épopée rap à la française [III/IV]


Time Bomb : l’histoire d’une épopée rap à la française [III/IV]

Famille Haussman. Source image: Kamal Haussman

Publié aux éditions Albin Michel début 2020, « Time Bomb » est le premier ouvrage de Kamal Haussman. Ancien rappeur, ex-membre du clan, il raconte la création et l’évolution d’un collectif ovni auquel on doit en grande partie l’âge d’or du rap français. Une histoire, la sienne, entre autobiographie et analyse ; récit inédit d’une incroyable épopée préfacée par Abd Al Malik.

Par SK. Au début des années 1990, la déferlante hip-hop arrivée des Etats-Unis a déjà noyée une partie de l’Hexagone. Cette musique venue des bas-fonds gifle littéralement toute une jeunesse à travers le monde, qui s’identifie à la réalité d’une société où les inégalités s’accentuent et où une partie de la population reste en marge de l’ascension sociale et des privilèges. Souvent sans comprendre un mot d’anglais, parfois en apprenant la langue grâce à la musique, Paris et ses banlieues vibrent au son des premiers MC’s. Cette époque particulière va engendrer de nombreux rappeurs, DJ, graffeurs. Parmi eux, l’un des collectifs les plus emblématique de l’histoire du rap français : Time Bomb.

Assemblé par les DJ Seck et Mars, cette formation forcera les portes de l’industrie pour imposer les artistes les plus brillants de leur génération. Parmi eux, certains demeurent d’incontestables références du rap français.

C’est cette histoire, en réalité cette épopée fugace, que Kamal Haussman, membre du collectif Time Bomb, a choisi de raconter.

 

 

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Pit Baccardi. 

Une idée de génies…

« Ne pas vouloir être dans ce putain de cercle pour eux c’est inacceptable. »

Traffic d’influence », Pitt Baccardi, (1999)

Tandis que quelques gamins tentent d’échapper à la monotonie en s’évadant par la rime, des aînés plus expérimentés ont une vision : celle de faire d’une passion une activité rentable : 

« DJ Sek s’occupait de presque toutes les musiques. C’est d’ailleurs lui qui a composé ‘J’attaque du mike’ des X-Men ».

Avant cela, et même pendant, tous devaient se débattre avec leur réalité. Petite délinquance, grand chômage, violence chronique, entubage… Les aînés gagnent ce titre d’office par leur âge plus avancé mais surtout, par leur expérience. Mars et Sek sont des pionniers dans l’histoire du hip-hop en France. DJ réputés et respectés, ils organisent avec quelques autres, à la fin des années 1980, l’expansion du mouvement dans l’Hexagone. Le duo fait également office de vecteur entre la capitale et Marseille, alors en pleine ébullition rap :

« La première réunion avec les artistes, qui allaient devenir mes frères d’armes et de coeur, était prometteuse, l’atmosphère était particulière, l’alchimie du groupe était puissante, le souvenir de cette première fois demeure encore lumineux. » P.135

Sek et Mars introduisent, réunissent et formalisent les choses pour ces jeunes hommes talentueux, inconscients du succès et des revenus que pourraient générer leur passion. D’autres OG jouent un rôle important dans l’expérience du Time Bomb. C’est le cas par exemple de Diable Rouge, référence du Val d’Oise à l’époque, à qui l’on doit plusieurs pépites telles que le rappeur Youssoupha. A l’aube des années 2000, Time Bomb est une fratrie.

« Nous n’entretenions pas les mêmes liens avec tous les membres. Mon frère et moi, qui nous faisions maintenant appeler les Jedi, étions proches de Pit Baccardi et des X-Men, lesquels étaient proches de Dj Mars et Sek, qui eux étaient proches de Diable Rouge, Ziko et Géraldo, ce dernier étant proche des Lunatic-une belle boucle. » P.127

Certains resteront proches, d’autres brouillés. Toutefois, le couperet qui parfois tranche ou anéantit les affinités reste le talent.

Si vous avez raté les deux premiers épisodes, vous pouvez les lire ici et ici.


Par SK. Au début des années 1990, la déferlante hip-hop arrivée des Etats-Unis a déjà noyée une partie de l’Hexagone. Cette musique venue des bas-fonds gifle littéralement toute une jeunesse à travers le monde, qui s’identifie à la réalité d’une société où les inégalités s’accentuent et où une partie de la population reste en marge de l’ascension sociale et des privilèges. Souvent sans comprendre un mot d’anglais, parfois en apprenant la langue grâce à la musique, Paris et ses banlieues vibrent au son des premiers MC’s. Cette époque particulière va engendrer de nombreux rappeurs, DJ, graffeurs. Parmi eux, l’un des collectifs les plus emblématique de l’histoire du rap français : Time Bomb.

Assemblé par les DJ Seck et Mars, cette formation forcera les portes de l’industrie pour imposer les artistes les plus brillants de leur génération. Parmi eux, certains demeurent d’incontestables références du rap français.

C’est cette histoire, en réalité cette épopée fugace, que Kamal Haussman, membre du collectif Time Bomb, a choisi de raconter.

 

 

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Pit Baccardi. 

Une idée de génies…

« Ne pas vouloir être dans ce putain de cercle pour eux c’est inacceptable. »

Traffic d’influence », Pitt Baccardi, (1999)

Tandis que quelques gamins tentent d’échapper à la monotonie en s’évadant par la rime, des aînés plus expérimentés ont une vision : celle de faire d’une passion une activité rentable : 

« DJ Sek s’occupait de presque toutes les musiques. C’est d’ailleurs lui qui a composé ‘J’attaque du mike’ des X-Men ».

Avant cela, et même pendant, tous devaient se débattre avec leur réalité. Petite délinquance, grand chômage, violence chronique, entubage… Les aînés gagnent ce titre d’office par leur âge plus avancé mais surtout, par leur expérience. Mars et Sek sont des pionniers dans l’histoire du hip-hop en France. DJ réputés et respectés, ils organisent avec quelques autres, à la fin des années 1980, l’expansion du mouvement dans l’Hexagone. Le duo fait également office de vecteur entre la capitale et Marseille, alors en pleine ébullition rap :

« La première réunion avec les artistes, qui allaient devenir mes frères d’armes et de coeur, était prometteuse, l’atmosphère était particulière, l’alchimie du groupe était puissante, le souvenir de cette première fois demeure encore lumineux. » P.135

Sek et Mars introduisent, réunissent et formalisent les choses pour ces jeunes hommes talentueux, inconscients du succès et des revenus que pourraient générer leur passion. D’autres OG jouent un rôle important dans l’expérience du Time Bomb. C’est le cas par exemple de Diable Rouge, référence du Val d’Oise à l’époque, à qui l’on doit plusieurs pépites telles que le rappeur Youssoupha. A l’aube des années 2000, Time Bomb est une fratrie.

« Nous n’entretenions pas les mêmes liens avec tous les membres. Mon frère et moi, qui nous faisions maintenant appeler les Jedi, étions proches de Pit Baccardi et des X-Men, lesquels étaient proches de Dj Mars et Sek, qui eux étaient proches de Diable Rouge, Ziko et Géraldo, ce dernier étant proche des Lunatic-une belle boucle. » P.127

Certains resteront proches, d’autres brouillés. Toutefois, le couperet qui parfois tranche ou anéantit les affinités reste le talent.

Si vous avez raté les deux premiers épisodes, vous pouvez les lire ici et ici.



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